Les insectes bénéfiques au potager

Les insectes bénéfiques au potager

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INSECTES AU POTAGER: PRÉCIEUX ALLIÉS OU BIBITTES ENNEMIES

Par Francine Lalonde, pour JARDIN PRO

Je me rappellerai longtemps le jour où ayant constaté une invasion de pucerons dans les nouvelles pousses de mes cassis, je m’étais empressée de pulvériser en soirée une solution de savon insecticide. Le matin suivant, je vais vérifier l’efficacité du traitement. Oh malheur! Les pucerons étaient morts mais aussi des dizaines de larves de coccinelles, ces petits « alligators » voraces que je n’avais pas vus et qui auraient sûrement contrôlé la population des pucerons, en plus de se multiplier dans mon jardin. Une bonne leçon…

Ravageurs et insectes bénéfiques

Tout jardinier redoute les insectes ravageurs, ces bibittes qui menacent le fruit de son labeur. Puceron, piéride du chou, altise, teigne du poireau, chrysomèle, doryphore et autres chenilles, larves, limaces, autant d’ennemis des plantes cultivées. Mais si, au lieu de les combattre avec impatience, à grands coups d’insecticides, on travaillait à faire du jardin un milieu favorable aux organismes bénéfiques qui contribuent naturellement au contrôle des ravageurs? Et qui sont-ils?

Les prédateurs

Un prédateur attaque et consomme ses proies. Les coccinelles, adultes et larves, les mites prédatrices, certaines punaises, les araignées (si mal aimées), certains nématodes (vers microscopiques du sol), entre autres animaux, dont les grenouilles, les crapauds et les oiseaux auront ensemble un effet considérable sur les populations de ravageurs.

Les parasitoïdes

Au contraire d’un parasite, qui vit aux dépens de son hôte, un parasitoïde tue ce dernier. Il pond ses œufs sur ou même à l’intérieur du corps de son hôte. Je vous laisse imaginer la suite… très efficace! Un meurt et l’autre naît. La plupart des parasitoïdes sont des guêpes, parfois minuscules, ou des mouches qui recherchent des hôtes qui accueilleront leurs œufs.

Les pollinisateurs

Les abeilles, les bourdons, les pollinisateurs indigènes, les papillons ne sont ni des prédateurs, ni des parasitoïdes, mais quels alliés précieux au jardin! Sans ces insectes qui butinent de fleur en fleur, pas de fruits, pas de légumes-fruits. Beaucoup moins, en tout cas, et de moindre qualité.

Mais comment aménager et gérer son jardin pour que ces insectes bénéfiques déjà présents dans l’environnement finissent par s’y installer spontanément et à demeure?

Sources de nourriture abondantes et variées

Plusieurs prédateurs (dont les coccinelles adultes, quand manquent les proies), et tous les parasitoïdes, de même que les pollinisateurs se nourrissent de pollen et du nectar des fleurs. Les plantes mellifères sont à privilégier, c’est-à-dire celles produisant de bonnes quantités de nectar et de pollen, de bonne qualité et accessibles. Choisissez-les de différentes variétés, annuelles et vivaces, qui auront des temps de floraison qui se succéderont durant la saison. Votre conseiller au centre jardin saura vous aider dans votre choix. Placez-les en plein soleil autant pour la floraison que pour les insectes. Choisissez des variétés à fleurs simples : ce sont celles que les insectes préfèrent. Installez-les dans une plate-bande à proximité ou carrément au jardin, à l’abri des grands vents, si possible

Le couvert, mais aussi le gîte

De nombreux insectes utiles se réfugient dans les feuilles mortes des vivaces et des graminées de nos plates-bandes l’automne venu. Il n’y a donc rien d’urgent à faire le grand-ménage avant l’hiver. Au contraire, ces résidus végétaux servent d’abri à nos amis, d’autant plus qu’en favorisant l’accumulation de la neige ils contribuent à une meilleure survie des plantes et des insectes utiles.

La patience du jardinier

La lutte biologique que livrent les insectes bénéfiques aux insectes ravageurs est peu visible à nos yeux. Elle se fait discrètement à l’abri des feuillages. Mais elle n’est pas moins considérable.

Elle ne résout pas tous les problèmes mais elle diminue les dommages aux cultures. Pour peu que l’on soit tolérant à certains défauts sur nos récoltes et que l’on ne se précipite pas sur nos pesticides, même bio, au moindre insecte aperçu, une multitude d’insectes utiles travaillera gratuitement pour le profit et le bonheur du jardinier qui aura ainsi contribué, à sa mesure, à sauvegarder la biodiversité si menacée…