Bien que le jardin soit endormi sous la neige, la marmotte s’apprête à donner son verdict. Le printemps sera-t-il hâtif ou tardif? Peut importe la réponse, il est déjà temps de penser à planifier le potager pour l’été à venir.
La planification, un gage de réussite pour les semis
Avant de se lancer dans l’aventure des semis à l’intérieur, il est important de respecter quelques règles pour s’assurer un gage de réussite et éviter d’obtenir des plants étiolés qui ne supporteront pas le repiquage au potager l’été venu.
1.Faire l’inventaire du matériel
Dès février, on peut faire l’inventaire de notre matériel pour nos semis : bacs, plateaux, terreau à semis, éclairage, pots et étiquettes. Toutefois, on doit demeurer patient : il est encore trop tôt pour mettre en terre les semences de potager. Les semis de tomates, poivrons, piments, aubergines, céleris, poireaux et choux pourront être démarrés en mars pour des semis hâtifs voir début avril, si l’on accepte d’avoir des récoltes un peu plus tardives.
2.Utiliser un calendrier de semis
Un calendrier de semis pour le potager peut être affiché près de notre coin de plantation pour nous rappeler quoi démarrer et quand. On peut se fier aux recommandations indiquées sur les sachets de semences tout en tenant compte de la date moyenne du dernier gel qui se situe environ au 21 mai, tout en sachant que cette date n’est pas une garantie qu’un gel tardif peut survenir par la suite.
3. L’éclairage, un élément à ne pas négliger
Le premier facteur en tête de liste est l’éclairage. Nos maisons en période hivernale sont beaucoup trop sombres pour permettre à nos semis de se développer adéquatement. Un éclairage avec une lumière artificielle intense aves des lampes horticoles DEL ou à spectre complet est nécessaire pour éviter des plants pâles, fragiles et étiolés.
4.La température, un autre facteur majeur à observer
Un écart de température de 6 °C entre le jour et la nuit est souhaitable pour favoriser une croissance plus robuste de nos plants de tomates, de piments et poivrons qui apprécieront une température entre 22 °C et 24 °C le jour.
5.Maintenir une circulation d’air adéquate autour des jeunes
Le mouvement de l’air l’empêche de stagner autour de ces derniers, réduisant l’humidité excessive qui provoque des maladies fongiques, fréquentes chez les semis. Le mouvement de l’air renforce les tiges des jeunes pousses en les stimulant à se plier et à se balancer légèrement. Le résultat donne des plants plus courts et solides.
6.Bien choisir le substrat
Il doit être léger afin de pas asphyxier les racines fragiles de nos semis. On doit éviter les terreaux à forte teneur en compost car ils gardent trop l’humidité et se compacte avec le temps. On évitera également les substrats avec des engrais. L’engrais est inutile lors de la germination. Il peut provoquer une croissance excessive des plants, les rendant amolli et fragiles. Lorsque les semis auront de 4 à 6 vraies feuilles, un engrais liquide dilué au quart de la dose peut être utilisé fertiliser pour ceux-ci. La formulation idéale doit être équilibrée en azote, phosphore et potassium.
7.Opter pour la bonne méthode d’arrosage
L’arrosage par le bas est idéal. On remplira le plateau avec 1 à 2 centimètres d’eau. Il ne faut oublier de vider l’excès d’eau après 30 minutes. On attendra que le dessus du terreau soit légèrement sec avant d’arroser de nouveau.
8.Le bon contenant pour un bon enracinement
Mieux vaut choisir des contenants profonds et étroits pour favoriser un enracinement en profondeur. Les racines seront moins en surface, ce qui permettra aux plants d’aller puiser l’eau plus loin dans le sol une fois au jardin. Ne pas oublier de rempoter vos plants si la masse de racines a envahi le pot.
9.L’acclimatation à l’extérieur avent la plantation au jardin, une nécessité
Une période de 7 à 10 jours est recommandée. On les place d’abord à l’ombre et à l’abris du vent, à une température d’au moins 15 °C. On rentre les plants à l’intérieur la nuit si la température descend sous ce seuil.
Le compagnonnage, un essentiel au potager
Lorsque le sol du potager aura été amendé avec du compost et que les zones de plantation aient été bien nivelées, il faudra mettre nos plants en terre en à la fin mai, en étant attentif aux risques de gel au sol qui sont toujours présents. Le choix de qui planter avec qui ne doit pas se faire au hasard. Un bon compagnonnage est essentiel.
Avantages et bénéfices
Cette association entre les plants consiste à favoriser les bénéfices réciproques pour chacun. Chaque plante a des besoins nutritifs différents qui favorisent la croissance des autres. Il est plus facile de fertiliser les végétaux qui ont les mêmes besoins en engrais lorsqu’ils sont regroupés au même endroit. Le compagnonnage offre également l’avantage de réduire la présence d’insectes et de maladies au jardin, ce qui est un argument qui devrait vous convaincre de bien associer vos plants au potager. Par exemple, certaines plantes se protègent mutuellement comme la carotte qui éloigne la teigne du poireau et le poireau repoussent la mouche de la carotte. D’autres plants sont des écrans contre la chaleur en fournissant de l’ombre aux plus fragiles, comme la tomate ou le maïs avec l’épinard.
L’arrosage du potager, un aspect à maitriser
Les plants au potager ont besoin d’eau régulièrement pour donner des récoltes abondantes. Le sol doit être humide le premier pouce (2,5 cm) en tout temps. Pour s’assurer d’offrir un arrosage optimal, on vérifie l’humidité du sol en y enfonçant le doigt. En période de canicule, il faut vérifier à tous les jours si l’humidité du sol est adéquate.
En somme, une bonne planification est essentielle, du coin semis à la plantation au potager. Faire l’inventaire de notre matériel et s’équiper d’un calendrier de semis pour savoir quelle graine mettre en terre au bon moment donnera de meilleurs résultats au bout de la ligne. En adoptant de bonnes méthodes de cultures tant à l’intérieur qu’au jardin, le plaisir de voir nos jeunes pousses nous offrir des délicieux fruits et légumes durant l’été sera au rendez-vous.